Bénin : Karim da Silva en colère face à l’implication de la France dans le dossier Madougou

À travers une tribune rendue publique ce mardi, le patriarche Karim da Silva de Porto-Novo dévoile toute sa colère contre l’implication de la France dans le dossier « Reckya Madougou ». Il s’insurge contre l’ingérence de la France dans les affaires intérieures du Bénin.

Le sage de Porto Novo a piqué une colère rouge contre la France et les États-Unis. Karim da Silva dénonce clairement la position de la France dans le dossier Reckya Madougou. Selon lui, « personne ne peut commander au peuple béninois ce qu’il doit faire pour sa délivrance ».

À l’heure actuelle, les pressions exercées par la France sur le gouvernement du Bénin par rapport au dossier « Reckya Madougou » ne cessent de se multiplier. Cela engendre une forte indignation auprès de certaines personnalités béninoises. Questionné sur le sujet, Karim da Silva, président des sages et notables de la ville de Porto Novo déclare n’en croire pas ses oreilles quand il apprend par RFI que la France exerce des pressions sur le Président de la République du Bénin pour obtenir la libération de Reckya Madougou, condamnée à 20 ans d’emprisonnement ferme par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).

« Je n’en crois pas mes oreilles. La France, pays de “’l’esprit des lois”’ et donc de la séparation des pouvoirs, par l’action de son gouvernement, à travers le ministre Jean Yves LE DRIAN, veut imposer au pouvoir exécutif béninois, de passer outre une décision de justice, et qu’est-ce que cela veut dire ? », se demande avec exaspération Karim da Silva. Le patriarche estime que le Bénin n’a pas de leçon de démocratie à recevoir de la France.

« La loi est légale et applicable à tous… »

Dans sa révolte, Karim da Silva prend fait et cause pour la justice béninoise. Il affirme que le juge béninois en procédant aux différentes enquêtes est parvenu à la conclusion que l’accusé a tenu des propos et posé des actes portant atteinte à la sûreté de l’État béninois.

Il pense donc qu’il ne s’agit nullement d’innocentes victimes livrées à l’arbitraire du prince, mais à la rigueur de la loi. « Personne ne peut commander, à notre peuple, ce qu’il doit faire, pour sa délivrance et son développement, ni ce qu’il devrait faire pour maintenir la paix. Nous avons des institutions ! D’où vient-il donc que les États-Unis et la France se mêlent d’apprécier le respect de la séparation des pouvoirs au Bénin?»  demande le sage Karim da Silva.

Selon lui, les mis en cause ne sont pas, non plus, de paisibles citoyens jetés en pâture à la vindicte domestique du juge répressif, à cause d’un agenda particulier. « Nul n’est censé ignorer la loi ! La loi est égale et applicable à tous » dit-il pour conclure.

Pour rappel, Reckya Madougou, opposante et candidate recalée du parti politique Les Démocrates est condamné par la CRIET à 20 ans d’emprisonnement ferme pour financement d’actes de terrorisme.

 

Jocelyne KOUKPOLIYI

 

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