Bénin/Arrestation des prostituées à Joncket : Une démarche pour stopper l’activité ?

Bénin/Arrestation des prostituées à Jonquet : Une démarche pour stopper l’activité ?

Le préfet du département du Littoral Alain Orounla a effectué une descente à Jonquet  et ses environs dans la nuit du samedi au dimanche 24 octobre 2021. Cette sortie a conduit à l’arrestation de plus d’une cinquantaine de travailleuses du sexe. Une énième tentative qui vise désespérément la suppression de cette activité.

Au total 35 femmes ont été appréhendées à Jonquet dans le 5e arrondissement de Cotonou, et plus d’une dizaine dans le 11e arrondissement ainsi que dans d’autres quartiers de la ville de Cotonou sont tombés dans les mains des forces de l’ordre, conduit par le préfet du Littoral, Alain Orounla. Arrêtées pour atteinte aux mœurs, ces prostituées sont placées en garde à vue.

Les causes concrètes qui sous-tendent cette démarche du préfet

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette démarche du préfet Alain Orounla. En effet, le phénomène de prostitution au Bénin prend de plus en plus d’ampleur. Malgré les risques auxquelles s’exposent ces jeunes filles, elles s’adonnent à l’activité. À en croire Frisson radio, cette descente fait suite à une enquête dans plusieurs quartiers de la ville de Cotonou.

Intervenant après la modification au parlement de l’article 17 de la loi 2003-04 du 03 mars 2003, qui légalise l’interruption volontaire de grossesse. Ainsi, cette opération ressemble à un premier corollaire de la prévention des grossesses non désirées, principale cause des avortements au Bénin.

La reconversion, le palliatif le plus adéquat

La prostitution n’est certainement pas une activité à laquelle s’adonnent les jeunes filles pour le simple plaisir. Ces travailleuses de sexe s’orientent vers cette activité pour la principale raison de subvenir à leurs besoins et ceux de leur progéniture. La prostitution se présente pour la majorité de ces femmes comme un dernier recours. Celle-ci s’y adonne par manque de moyen financier et seulement en cas de contrainte. La majorité de celles-ci sont des personnes laissées pour compte qui doivent cependant subvenir à leurs besoins.

Etant illégale, son interruption relève du domaine de la loi, d’autant plus que cela peut contribuer à réduire les risques de grossesses non désirées. Mais, quel plan de reconversion pour ces femmes ? Quelles actions complémentaires le gouvernement mettra en œuvre pour aider ces jeunes femmes désœuvrées à trouver le pain quotidien en tournant dos à la prostitution ? De toute évidence, bien qu’on pressente le risque d’augmentation du taux d’avortement, sa légalisation ne devrait pas conduire à la débauche ou grossir l’effectif de ces praticiennes du plus vieux métier du monde. Toutefois, si pour stopper le mal, il faut réprimer celles-ci, alors il conviendrait que les mesures soient prises pour porter assistance aux femmes engagées dans cette activité.

Jocelyne KOUKPOLIYI

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